Conciliation ou médiation ? Le prix seul ne fait pas la différence.

 

Conciliation et médiation sont deux modes amiables de résolution des différends ou MARD dans les textes juridiques. Une différence entre ces deux approches ?

 

Pour faire simple et court, certains caricaturent : “Dans les deux cas, on discute et on décide. La conciliation, c’est gratuit. La médiation, c’est payant”.

Certes. Mais il y a d’autres différences que le prix : Qui discute ? Qui décide ? Qui met fin au litige ? Que devient la relation ? Et la frustration, dans tout cela ?

Pour préciser : les conciliateurs, auxiliaires de justice, interviennent bénévolement, le juge pouvant par exemple déléguer à un conciliateur de justice la tentative préalable de conciliation, notamment quand il n’a pas le temps de jouer lui-même ce rôle.

Qui sont les conciliateurs ?

Souvent retraités, ils souhaitent avoir une activité en rapport avec le droit auquel ils ont été formés ou qu’ils ont exercé durant leur vie professionnelle (juges, professions juridiques, …). Le profil type ? Un retraité ayant du bon sens relationnel, un peu d’autorité naturelle et aguerri aux situations de tensions. Les conciliateurs reçoivent les parties, étudient leurs dossiers puis trouvent et proposent eux-mêmes une solution au litige. Les parties acceptent la solution de ce tiers.

Dans la famille des MARDs, la médiation judiciaire est prévue, comme la conciliation, à l’article 127 du code de procédure civile : le juge peut proposer aux parties une mesure de conciliation ou de médiation. Les médiateurs, les médiatrices peuvent ainsi être désignés par le juge. Mais ils peuvent aussi intervenir en dehors d’une action en justice, à la demande des acteurs de la médiation ou “médiés”, parfois à l’initiative de leurs avocats. Ils sont alors choisis par les médiés et la médiation est appelée médiation conventionnelle.

Qui sont les médiateurs ?

Pas de profil type, mais des personnes qualifiées, rompues au conflit et à la prise en compte des émotions. C’est en questionnant les médiés qu’il-elle leur permet :

de retraverser le conflit qui les opposent — dont le litige est une sorte de sommet visible de l’iceberg des divergences –,

de trouver dans le premier temps de la médiation un premier accord, l’accord sur leur désaccord,

d’envisager alors leur solution co-construite,

de mettre eux-mêmes en place les modalités de leur solution commune.

Sous le regard d’un tiers, dans l’espace sécurisé qu’offre le cadre de médiation, les parties construisent leurs propres solutions.

Ces deux MARD ont chacun leur utilité et … leur prix.

L’utilité de la conciliation est indéniable, notamment et surtout pour les litiges dans lesquels les personnes ne seront pas amenées à se recroiser. Pour la médiation, la posture du médiateur et la tenue de son cadre valent leur prix ; pourrions-nous postuler que c’est celui de la frustration ?

Les conciliateurs donnent en effet leur avis, leurs solutions; les parties ont des chances d’être frustrées notamment du traitement de leur conflit, car c’est le seul litige qui trouve sa fin dans la solution proposée, le conflit peut perdurer.  

Dans la médiation, les parties ont toutes chances de s’approprier leur propre solution et, éventuellement, de retrouver les moyens de communiquer par la suite. Les médiateurs quant à eux prennent en compte les émotions (colère, rancoeur, haine, angoisse, lassitude, peur…) et se frustrent de fournir conseils et solutions.

Qui possède la solution ? Avez-vous toujours envie de gratuité ?

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